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TRAVERSÉE DU VERCORS À SKI DE FOND 6.7 MARS 2010

Historique     
La Traversée du Vercors à ski de fond : il y a 37 ans.
par Jean-Pierre Copin Grenoble

Rédacteur en chef des sports au Dauphiné libéré, passionné par la montagne, il a signé de nombreux articles relatifs à la montagne. Fondeur ayant participé à la première Traversée, sa fidélité de pratiquant en fait une voix particulièrement autorisée.

Il y a 37 ans.
L a Traversée du Vercors Lorsque mes amis Louis Juppet, Delacroix et Bernard Salomon m'ont révélé leur intention d'organiser une compétition de ski de fond sur le parcours de la Traversée du Vercors, j'ai tout d'abord pensé qu'ils allaient faire perdre à celle-ci son caractère épique d'aventure incertaine. Il s'agissait en effet, ni plus ni moins, que d'accomplir en deux heures ce qu'on faisait jusqu'alors en deux ou trois jours!

A ski de randonnée, à peaux de phoque...
Je ne prétends certes pas qu'avant 1968, aucun fondeur ne se risquait sur les Hauts-Plateaux. Mais on n'y avait jamais organisé de compétition. Et dans leur quasi totalité, ceux qui fréquentaient ce site fascinant le faisaient à ski de randonnée, à peaux de phoque, en prenant le temps de la méditation. Pour tous les clubs de montagne, la Traversée du Vercors était une classique.
En collective, on la faisait en général en trois jours avec arrêts dans deux des cabanes de bergers jalonnant l'itinéraire. Selon les goûts et selon l'état de la neige, on pénétrait sur les Hauts-Plateaux par le pas de Chabrinel, par le pas de l'Aiguille ou tout simplement par le col de Rousset.
Certains effectuaient la liaison en deux jours seulement, mais ils passaient pour des skieurs bien entraînés. C'est donc une révolution, une démythification qu'ont accomplies et réussies, dès leur coup d'essai, Juppet, Delacroix et Salomon. Ils ont donné à l'exploit une autre dimension.

Les skis nordiques étaient en bois...
Dès le début, la Traversée du Vercors sous forme de compétition a trouvé son rythme et ses usages principaux. On se rassemblait à Corrençon. On prenait le car. Je crois me souvenir que la première année il y en avait deux. On gagnait, de nuit, le col de Rousset et on se souhaitait bonne chance jusqu'à Corrençon.
Nous n'étions qu'une soixantaine la première fois. Cela se passait en famille. Pour prendre une photo du départ, j'avais pris la liberté de devancer mes compagnons d'une trentaine de mètres. Et j'avais tranquillement remis mon appareil Rollei et ma pellicule à l'épouse de mon collègue du Dauphiné libéré et partenaire dans la traversée, Georges Martin-Collomb.
Bien entendu, nous partions du bord de la route, dans la station qui était loin d'avoir les respectables dimensions d'aujourd'hui.
Il fallait remonter longuement dans la combe étroite et glacée. Ce qui nous incitait à farter très mou et très épais. Et lorsque nous débouchions sur l'arête qui plonge vers le plateau de Beurre, les jambes flageolantes, des profanes de mon espèce supportaient assez mal les coups de frein du skare-klister sur la neige croûtée. C'était encore pire, un peu plus loin, dans la descente sur le pas des Econdus où les gamelles étaient impressionnantes. On reprenait un peu d'assurance en direction de la Grande Cabane. Mais rien ne nous effrayait autant que la dégringolade interminable dans le ravin des Erges.
Il faut dire qu'à cette époque tous les skis nordiques étaient en bois et que la casse menaçait, à la moindre cabriole. Il arrivait même que ça casse sans qu'on tombe pour peu qu'un rocher se cachât sournoisement sous la neige. Nous prenions pour la plupart la précaution d'emporter une ou deux spatules de rechange soit en plastique, soit en métal.

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