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La Traversée du Vercors à
ski de fond.
par Jean-Pierre Copin Grenoble
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La descente des Erges...
Mais mon souvenir le plus marquant de la descente des
Erges est quand même un souvenir admiratif et heureux...
Une année je me suis trouvé par hasard dans ce passage
en compagnie de Georges Mauduit qui faisait la Traversée
pour être agréable à l'un de ses amis parisiens.
Il a descendu les Erges sur ses skis de fond avec la même
aisance que le géant de Portillo, quelques années auparavant.
Les Erges ont été abandonnées pour d'autres parcours en
même temps que la traversée s'humanisait et s'allongeait.
Les récits des traversées épiques d'autrefois...
... avaient accrédité la thèse selon laquelle il y avait
cinquante kilomètres entre le Rousset et Corrençon. On
s'aperçut qu'il y en avait environ trente-six. On atteignit
la quarantaine en effectuant un détour par Pré-Peyret.
Puis la cinquantaine, en allant virer sur la fin par Bois-Barbu.
Dans le même temps, grâce à l'armée et grâce à un budget
amélioré par le nombre même de participants, la Traversée
offrait sous nos skis de véritables boulevards et des
postes de ravitaillement rapprochés et approvisionnés
avec variété.
J'ai par ailleurs toujours eu le sentiment que nous nous
trouvions partout en pleine sécurité grâce à un dispositif
de secours presque omniprésent. Il est vrai que la Traversée
du Vercors a rarement subi de menaces effrayantes.
Son plus grand ennemi est finalement la chaleur, c'est-à-dire
le manque d'enneigement, ce qui provoquera quelques annulations.
A l'inverse, en 1970, après l'avoir retardée deux fois
à la suite de trop grosses chutes de neige, on la fixa
au dimanche 5 avril.
Mais les conditions étaient encore telles au Rousset qu'on
improvisa un départ à Saint-Martin-en-Vercors au carrefour
de la petite route qui rejoint Herbouilly. Nous rejoignîmes
Corrençon par D'Arbounouze, puis Carrette. La neige et
le vent ne nous abandonnèrent pas.
Je me souviens d'avoir amusé quelques compagnons en écrivant
le soir même dans le Dauphiné libéré : Des expéditions
comme celle-là, ou bien on en crève ou bien on en sort
vacciné contre la grippe pour le restant de ses jours.
Et comme on n'en crève pas...
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